Festival

Premiere édition du Festival de l’aire culturelle Adja-Tado (Facat) à Dahè

Les fruits tiennent la promesse des fleurs Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Près d’une dizaine de jours durant, la localité de Dahè dans la commune de Houéyogbé a été l’épicentre des manifestations culturelles et cultuelles de l’aire culturelle Adja-Tado.En effet, emmanchées véritablement le 10 avril dernier sur des chapeaux de roue par une conférence de presse, le Facat 2014 a connu son épilogue le samedi 3 mai dernier. Véritable creuset de retrouvailles entre les filles et fils de cette aire culturelle qui regroupe les royaumes d’Allada, de Hogbonou et d’Abomey mais également du Ghana, du Togo et du Nigéria, ce festival, le premier du genre en Afrique a permis aux trois grands rois que sont Dada Kpodégbé Djigla d’Allada, dada Kpotozoumè Hakpon 3 de Porto-Novo et dada Agoli-Agbo Dédjlangni d’Abomey de regarder dans la même direction. Un tour de force qu’a réussi l’association culturelle Festival international rencontre des civilisations (Firenci) que dirige depuis 2007, Dah Ahononvi Glèlè. La vraie histoire nous renseigne en effet que sans Tado, les royaumes d’Allada, de Porto-Novo et d’Abomey n’auraient pas pu exister.

Il était donc question de réécrire notre histoire qui est diamétralement opposée à celle qui a été écrite par le colonisateur qui était animé d’un esprit mercantiliste. Ainsi donc, après la cérémonie officielle d’ouverture qui a eu lieu le samedi 26 avril dernier et qui a été précédée par une conférence publique animée la veille par le professeur d’histoire Félix Iroko à l’hôtel Village Ahémé de Possotomè (quelques 3 kilomètres de Dahè) sur le thème « Retrouvailles au carrefour de l’aire culturelle Adja-Tado, étape de Dahè », place a été faite aux différentes manifestations culturelles très riches en sons et en couleurs. En effet, après la caravane et la journée des cultes, différents groupes traditionnels des localités pré cités ont presté.

 Des concours de danse et de chant ont été organisés. Des jeux ludiques ont égayé le public sorti massivement. Mais les temps forts de ladite manifestation ont été les inaugurations de la statue d’Adjahouto (1595-1613), le fondateur du royaume d’Allada et celle du palais de Dahè sous la férule de Dada Awiyan Kokpon Houdégbé, le roi des Alladanous de Dahè. Il était entouré pour la circonstance d’une quarantaine de rois venus du Bénin, du Nigéria, du Togo, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Cameroun. Le maître des lieux était pour la circonstance bien encadré par les rois de Porto-Novo, d’Allada et d’Abomey, une grande première au Bénin car, c’est un pari gagné par l’Ong Firenci qui a réussi ce coup d’essai qui a permis de mettre ensemble ces trois rois ennemis qui sont devenus des frères. « Incroyable mais vrai ! » s’est exclamé Peguy Ludovic Dagba, un confrère de la Voix de l’Amérique. En effet, l’histoire nous renseigne qu’au 17ème siècle, les fondateurs des royaumes d’Allada, d’Abomey et de Porto-Novo sont originaires de Tado. D’après la légende, Agassou, fils de la princesse Aligbonon et d’une panthère a eu de nombreux enfants forts et courageux. Mais, ils sont malheureusement écartés du trône. L’un d’eux, Adjahouto, conduit ses parents à Allada. Ses petits enfants se disputent et se dispersent. Do-Aklin se dirige vers Bohicon, Zozérigbé vers Porto-Novo et Dako Donou devient le premier roi des Fons. Ainsi donc, la cérémonie de clôture du samedi 3 mai a été autant riche en lumière et en son que l’ouverture. Elle a connu la présence de Chantal Yayi, la première dame, des députés et autres cadres de la localité. Pour Dah Ahononvi Glèlè, le Pdg de Firenci, c’est une grande joie qui l’anime après avoir réussi ce pari. Il a remercié tous ceux qui ont aidé son association à le réussir. Il a particulièrement remercié dada Awiyan Kokpon Houdégbé, l’homme politique, l’homme providentiel, l’homme culturel, l’homme généreux sans qui cette réjouissance culturelle n’aurait pas pu connaître cet éclat salué par Irénée Pascal Koupaki, l’ancien premier ministre qui avait marqué de sa présence la cérémonie d’ouverture

L’administrateur d’action culturelle à la retraite en a profité pour dire que ce festival qui ne sera ni la première ni la dernière servira certainement de déclic pour la retrouvaille de notre identité culturelle perdue car celui qui ne connaît pas d’où il vient ne peut jamais savoir ou il va. Dada Awiyan Kokpon Houdégbé, le maître des lieux, a adressé de sincères regards à tous ceux qui ont fait le déplacement pour l’honorer malgré leur emploi du temps très peu aéré. Selon lui, la réussite a été totale malgré quelques couacs inhérents à toute œuvre humaine. Il a félicité l’Association culturelle Firenci qui, grâce à sa témérité a pu aller au bout de ses vœux. A l’en croire, le royaume de Dahè est un royaume béni et sera moderne dans toute sa dimension.

 Pour ce faire, il entend faire développer la localité de Dahè qui est certes petite mais grande par l’histoire car les peuples du bas Dahomey, après avoir quitté Tado ont fait escale à Dahè à laquelle il est intimement liè maternellement. Pour ce faire, ce professeur d’économie de développement a affirmé qu’il entend sortir Dahè de sa léthargie en créant un musée, un supermarché, un hôtel, en mettant en circulation des bus Royal air Dahè qui vont faire la navette entre Dahè, Comè, Cotonou et Bopa. Dans cette veine, il a appelé à l’unité et au dialogue de tous les fils et filles de l’aire culturelle Adja-Tado pour un développement intégral de notre Nation.

Pour finir, il a indiqué que la date du 26 avril, jour de l’ouverture du festival qui a rassemblé les trois principaux rois du Sud qui ne s’entendaient pas est mémorable à plus d’un titre et sera célébrée tous les ans à Dahè. Une déclaration accueillie par un tonnerre d’applaudissement. Le rendez-vous est donc pris pour le 26 avril 2015.                Envoye special   AGBELESSESSY  KODJOVI

AGBELESSESY KODJOVI

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